LE MARIAGE DANS LE SEIGNEUR
Par David AFFLECK
Je promets de te rester fidèle
De nos
jours, bien des valeurs humaines sont remises en
question. Si nos parents croient à telle valeur, c'est
une raison suffisante de la considérer suspecte. On fait
preuve de liberté en rejetant les croyances de la
génération précédente.
Le
concept du mariage n'a pas échappé aux attaques. A quoi
bon se marier ? N'est-ce pas un carcan inutile ? Ne
peut-on pas aimer mieux, et plus sincèrement, si l'on
n'est pas lié par un serment qui sent le moyen-âge ?
Il faut
réfléchir à ces questions avec sérieux, car les jeunes
qui posent ces questions sont, le plus souvent, sérieux.
On ne doit pas répondre à la légère, avec énervement ou
hypocrisie.
Ce que
nous appelons le mariage est une vie d'intimité entre un
homme et une femme qui se sont promis fidélité
solennellement et devant des témoins. Ce n'est pas le
langage de la cérémonie qui importe, ni le faste, ni la
robe blanche, ni les moyens financiers engagés. Ce qui
importe, c'est l'engagement d'accorder au conjoint
l'exclusivité quant aux rapports intimes. Et, pour que
cet engagement soit pris avec sérieux, on l'exprime
devant des témoins.
Ce qui
donne encore plus de sérieux au mariage, c'est qu'il est
une institution divine. L'homme n'a pas inventé, c'est
Dieu qui l'a conçu. Dieu est amour, et Il a voulu que
des couples puissent exprimer leur amour dans le cadre
de la fidélité réciproque.
Par
conséquent, les relations sexuelles ne sont pas quelque
chose de sale ou de honteux. Dieu a créé notre corps
aussi bien que notre esprit. Tous nos organes ont été
conçus par Dieu, y compris les organes sexuels.
Cependant, il y a des lois qui régissent la nature. Si
vous passez par-dessus une falaise, vous allez tomber.
Si vous mangez certains champignons, vous allez risquer
la mort. Et si vous avez des relations intimes en dehors
du cadre voulu par Dieu, vous allez souffrir des
conséquences de votre conduite.
Lorsqu'on est chrétien, on doit être d'autant plus
respectueux de la volonté de Dieu concernant le mariage.
La conduite des incroyants ne doit pas nous tenter. Les
raisonnements des inconvertis pour justifier leur
comportement ne doivent pas nous influencer. Nous sommes
de la lumière. Ne marchons pas comme si nous
appartenions aux ténèbres.
C'est
pour notre bonheur que Dieu veut nous voir accepter le
cadre du mariage. C'est aussi pour notre bonheur qu'Il
veut nous diriger dans le choix d'un conjoint. Faut-il
encore que nous acceptions Son intervention.
Certains
diront : de quel droit Dieu se mêle-t-Il de mes affaires
? Si j'aime, n'est-ce-pas suffisant ? Je suis adulte, et
je n'apprécie pas que Dieu me traite comme un enfant.
Combien
de foyers malheureux, même chez les chrétiens, parce
qu'on n'a pas consulté Dieu ! Non, l'amour sentimental
n'est pas une raison suffisante pour se marier. Les
sentiments s'estompent si facilement et si rapidement.
Il faut une base plus solide que les sentiments d'amour.
Dieu voit plus clair que nous, et plus loin, et plus en
profondeur.
Il faut
également admettre l'éventualité que, pour certains, la
volonté de Dieu est le célibat, tout au moins pour un
temps, peut-être même pour la vie. En tant que
chrétiens, comment devons-nous juger la valeur
comparative du célibat et du mariage ?
D'abord,
ce n'est pas humiliant de rester seul. L'apôtre Paul a
exprimé l'avis qu'il est bon de rester célibataire (1
Corinthiens 7:1-8). Remarquons qu'il n'a pas dit : il
est mieux de rester seul. Le célibat est donc aussi
honorable que le mariage.
Mais il
faut préciser également que le célibat n'est pas un état
plus pur que le mariage. En nous mettant en garde contre
l'adultère, l'écrivain sacré a dit : " Que le lit
conjugal soit exempt de souillure " (Hébreux 13:4).
Les rapports conjugaux ne sont donc pas " souillés ",
ils sont purs.
Entre le
célibat et le mariage, on ne peut donc juger l'un
préférable à l'autre. C'est à Dieu de nous montrer quel
est le meilleur état pour chacun en particulier. Que le
célibataire ne se vante pas de sa pureté, et qu'il ne se
plaigne pas de sa solitude. Que la personne mariée ne
s'enfle pas d'orgueil pensant qu'elle est plus belle,
plus séduisante ou plus désirable.
L'essentiel, c'est que nous mettions notre vie au
service de Dieu quel que soit notre état. Cherchons
premièrement comment nous pouvons servir les intérêts du
Royaume de Dieu, et toutes les autres choses, qui nous
sont nécessaires, nous seront données par dessus.
Le joug étranger
Il y a certaines idées
reçues qui sont tellement répandues qu'on n'ose pas les
contester. Une de ces idées concerne le bonheur dans la
vie d'un couple. Que le couple soit marié ou non,
d'ailleurs, l'idée est acceptée par presque tout le
monde que le bonheur est garanti du moment que les
relations sexuelles sont satisfaisantes.
Une telle idée nous rabaisse
au niveau de la bête. Il est vrai que nous avons un
corps physique avec ses besoins et ses plaisirs. Et
c'est Dieu qui en est le créateur. C'est donc Dieu qui a
donné au corps ces besoins et ces désirs.
Mais nous ne sommes pas
seulement des êtres physiques. Nous avons une dimension
spirituelle qui nous démarque des animaux. Etant donné
cette double dimension de l'être humain, nous pouvons
mieux comprendre la complexité de la relation entre deux
personnes qui s'aiment. Ce qui était d'abord une
attirance physique peut se transformer en estime pour le
caractère de la personne. De ce qui n'était d'abord
qu'une compatibilité intellectuelle ou spirituelle
peuvent naître des sentiments de tendresse.
Une autre idée reçue,
largement acceptée mais rarement prouvée, consiste à
croire que l'on peut augmenter son bonheur en augmentant
ce qui le produit. Si un cachet me fait du bien, deux
cachets feront deux fois plus de bien, pense-t-on.
Si j'ai du plaisir avec une personne, j'aurai encore
plus de plaisir en devenant plus intime avec elle,
pense-ton encore.
Dans bien des cas, ce
raisonnement est complètement faux, à la grande
déception de beaucoup de chercheurs de plaisir.
Mais ils continuent à augmenter la dose, toujours dans
l'espoir que le plaisir sera enfin plus grand.
Ce qui fait de beaucoup
d'hommes et de femmes des détraqués, c'est la recherche
frénétique du plaisir. Par contre, ce qui peut faire de
nous des gens heureux, c'est d'accepter l'enseignement
de la Bible quant à nos relations personnelles. La
soumission à la volonté de Dieu et aux principes
bibliques est une source de bonheur et de paix
intérieure.
Ce n'est pas pour être un
trouble-fête que l'apôtre Paul a écrit : " Ne vous
mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger "
(2 Corinthiens 6:14). Par ces paroles, il leur
conseillait d'éviter des relations intimes avec des
non-chrétiens. Pourquoi ?
Ce n'était pas pour
grignoter leur bonheur, mais pour le garantir. La
compatibilité entre un homme et une femme n'est pas
fonction de leurs ardeurs sexuelles, mais de l'entente
qu'ils réussissent à vivre au niveau spirituel.
Que veut dire l'apôtre Paul
par l'expression " un joug étranger " ? Il fait
référence à une loi que Dieu a donné à Moïse : " Tu ne
laboureras point avec un bœuf et un âne attelés ensemble
" (Deutéronome 22:10). Serait-ce un péché pour un
cultivateur de mettre sous un même joug un bœuf et un
âne ? Certainement pas. Mais avec un tel attelage, il
aurait bien des problèmes pour labourer son champ. Les
deux animaux n'ont ni la même force ni le même
tempérament.
Dans la vie d'un couple, il
faut une certaine similitude de vues, si l'on ne veut
pas tourner en rond, ou pire encore, casser l'attelage.
C'est parce que Dieu a notre bonheur en vue qu'il nous
met en garde contre les unions entre personnes ayant
trop peu en commun.
Le cas le plus évident qui
nous vient à l'esprit, c'est le mariage entre croyant et
athée. En voilà un joug étranger ! On a beau dire qu'on
laissera la liberté de pensée à l'autre ! Notre opinion
quant à l'existence de Dieu nous touche dans tant de
domaines de la vie. un désaccord sur ce point sera
source de bien de différends si sévères que le couple
verra s'évanouir tout semblant de bonheur conjugal. Mais
le joug étranger peut exister aussi lorsque deux croyant
n'ont pas les mêmes convictions religieuses. Avant le
mariage, on est ébloui par l'ardeur de son amour. "
Et en plus, nous croyons tous les deux en Dieu. Chacun
de nous laissera à l'autre le droit de pratiquer sa
religion ".
On ne veut pas admettre
qu'un petit grain de sable puisse bloquer la mécanique.
Pourtant, les divergences de convictions religieuses ont
bien souvent provoqué des pannes difficiles à réparer.
Un joug étranger existe
également lorsque deux chrétiens, bien qu'ayant les
mêmes convictions, n'ont pas le même appel de Dieu. L'un
veut servir Dieu à plein temps, tandis que l'autre ne
supporte pas cette idée. Ou bien, l'un voudrait partir à
l'étranger comme missionnaire, tandis que l'autre tient
à rester près de la famille et des amis.
Lorsqu'on ne tient pas
compte de cette incompatibilité de vocation et que l'on
se marie quand même, quel en est le résultat ? Parfois
l'appel de Dieu est sacrifié sur l'autel d'un amour
contraire à la volonté de Dieu. Dans d'autres cas, celui
ou celle qui ne ressent pas d'appel de Dieu rend
difficile, sinon impossible, le ministère spirituel de
son conjoint.
Que de femmes regrettent
d'avoir abandonné l'appel de Dieu pour les charmes d'un
jeune homme ! Que de serviteurs de Dieu dont le
ministère est freiné par une épouse choisie plus pour sa
beauté que pour sa vie spirituelle !
Lorsque Dieu nous avertit
que notre choix manque de sagesse, c'est parce qu'il ne
veut pas voir notre vie gaspillée ou détruite par un
mariage mal assorti. Avons-nous suffisamment de
confiance en Lui pour L'écouter ? " Je connais les
projets que j'ai formés sur vous, dit l'Eternel, projets
de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir
et de l'espérance " (Jérémie 29:11). Le croyons-nous ?
Alors refusons de nous
mettre sous un joug étranger, même au risque de ne pas
trouver de partenaire. Dans nos décisions, l'obéissance
doit l'emporter sur le bonheur. Que l'obéissance à la
volonté de Dieu soit notre aspiration la plus élevée, et
lui veillera sur notre bonheur.
Le cadre prévu par Dieu
Contrairement à ce qu'on
voudrait nous faire croire, l'amour libre ne réunit pas
l'approbation de tout le monde. Il y a encore bon nombre
de gens qui croient que l'acte sexuel devrait être
réservé au mariage.
Mais, même si une
écrasante majorité croyait le contraire, est-ce une
raison valable pour le chrétien de rallier cette
majorité ? Qu'est-ce qu'un chrétien, sinon une personne
qui accepte l'enseignement de Christ, qu'il recueille
une large approbation ou non ? A-t-on jamais entendu un
marxiste dire : " Je suis radicalement opposé à
l'idéologie de Karl Marx, mais je reste attaché au
marxisme " ? Pourtant, il y a des gens qui se
réclament de Christ et, en même temps, s'opposent à tout
ce qu'Il enseignait.
Si l'adultère n'était pas, aux yeux de Christ, un péché,
pourquoi a-t-Il pardonné à la femme surprise en flagrant
délit ? Il n'y avait rien à pardonner. Pourquoi lui dire
: " Va, et ne pèche plus " ? Elle n'avait rien à se
reprocher. C'est comme cela que l'on détruit la
crédibilité de Jésus.
Christ
nous a donné un enseignement. Si nous voulons prétendre
que nous suivons le Christ, notre conduite doit être
différente de celle du monde dans lequel nous vivons.
Rester
fidèles à un code moral chrétien nous serait difficile,
voire impossible, si nous n'avions pas le secours du
Saint-Esprit. Mais nous l'avons. Car le vrai chrétien
n'est pas seulement un disciple de la pensée de Christ :
Il est la demeure de la personne de Christ.
Quelle
est donc la conduite que devrait avoir le chrétien avant
le mariage ? Nous avons déjà établi qu'elle sera
probablement différente de celle de l'incroyant.
Maintenant, nous voulons établir les bases bibliques
d'une telle conduite.
Il est
important, tout d'abord, de reconnaître que Dieu est le
créateur de notre corps. Quelle aberration de croire que
l'esprit soit bon et le corps mauvais ! Le corps ne fait
que ce que l'esprit lui ordonne de faire.
Remercions Dieu de nous avoir donné un corps, et en
particulier, le corps même que nous avons. Que nous le
trouvions beau ou laid, acceptons notre corps comme
venant de la main de Dieu. Souhaiter avoir un nez - ou
tout autre membre de son corps - plus esthétique
équivaut à critiquer l'œuvre artistique de Dieu. Mis à
par les effets du péché, sachons être reconnaissants de
ce que nous sommes, tels que nous sommes.
Ensuite,
nous chrétiens, nous avons un avantage qui manque aux
incroyants. Notre corps est le temple du Saint-Esprit.
Cette considération nous aidera dans bien des situations
équivoques à décider si, oui ou non, nous pouvons nous
permettre tel ou tel plaisir.
La Bible
nous met en garde contre toute action qui souille le
temple de Dieu. Il est salutaire de nous rappeler que
l'Esprit qui nous habite est un esprit saint. Combien
nous devons veiller à ce que tous nos actes soient
dignes du temple de Dieu.
En
admettant que notre corps soit une création de Dieu et
qu'il soit devenu, au moment où nous avons cru en
Christ, le temple de Dieu, nous pouvons conclure que les
rapports sexuels doivent être réservés au cadre du
mariage. Vivre en mariés sans être mariés, c'est mentir.
Le
plaisir n'est pas coupable dans le cadre prévu par Dieu.
C'est lorsque que nous ne respectons pas ce cadre -
démontrant ainsi que nous nous moquons de la volonté de
Dieu - que nous souffrons de troubles qui ternissent le
plaisir que Dieu a voulu propre et sans mauvaise
conscience.
Il est
devenu populaire, par exemple, de préconiser une
relation à titre d'essai sans engagement à long terme.
Etant donné le manque de certitude quant à la durée de
cette relation, l'état psychologique des partenaires
n'est pas favorable à une vraie découverte de l'autre.
Que cela
marche dans de telles conditions n'est pas du tout une
garantie que cela marche aussi bien plus tard. Qu'on
soit déçu lors d'un essai ne prouve aucunement qu'on
aura la même déception étant marié.
Finalement, nous devons bien faire la différence entre
le mariage et les fiançailles. Les assimiler comme étant
la même chose est la cause de beaucoup de déchirements
émotionnels. Les fiançailles ne donnent pas droit à une
plus grande intimité qu'avant.
L'exemple par excellence de ce principe est le
comportement de Joseph et Marie avant la naissance de
Jésus. Lorsque Joseph a appris que sa fiancée était
enceinte, il s'est proposé de rompre secrètement avec
elle. Il savait qu'il n'était pas le père de cet enfant.
Donc, il n'avait pas profité des fiançailles pour vivre
maritalement avec Marie.
Dieu a
voulu que le mariage existe, et Il en a fixé les
limites. Nous piétinons ces limites aux risques et
périls de notre bonheur sexuel. Alors acceptons le
décret de Dieu que les rapports sexuels sont réservés au
mariage. Les décrets de Dieu ont toujours comme but le
bonheur de ses sujets. Acceptons d'y être assujettis. Il
en découlera un bonheur dont la mesure et la qualité
dépasseront notre attente.
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